samedi 19 septembre 2026

Les figures de style : comparaison, métaphore, hyperbole, litote et autres figures


Les figures de style

Les figures de style, ou figures de rhétorique, sont des procédés qui permettent de transformer l’usage ordinaire du langage afin de créer un effet de sens, d’image, de rythme ou d’insistance. Elles enrichissent le texte et renforcent son pouvoir expressif.

i À retenir

Une figure de style permet à l’auteur de produire un effet particulier sur le lecteur.

Elle peut créer une image, insister sur une idée, amplifier une réalité ou au contraire l’atténuer.

I

Figures fondées sur l’analogie

a

La comparaison

Rapprochement de deux termes qui possèdent au moins un point commun. L’outil de comparaison est exprimé : comme, plus… que, ressembler à, tel, pareil à, semblable à, ainsi que…

« Le sable rouge est comme une mer sans limite. » (Leconte de Lisle)
b

La métaphore

Association de deux éléments ayant un point commun, sans outil de comparaison. Une métaphore qui se poursuit sur plusieurs lignes est appelée métaphore filée.

Ton teint de rose.

« Bergère ô Tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin » (Apollinaire « Zone »)
c

La personnification

Attribution d’un comportement humain à un objet, un élément naturel ou un animal.

« Vous dont la maison ne pleure pas » (René Char)
d

La prosopopée

Consiste à faire parler un mort, un animal ou une chose personnifiée.

« Et la rivière dit : « Je ne veux rien savoir, Je coule pour moi seule et j’ignore les hommes. » (Jules Supervielle, « La demeure entourée »)
e

L’allégorie

Représentation concrète d’une idée abstraite à travers un personnage, un objet ou une image.

La justice porte une balance.
La Liberté dans le tableau de Delacroix.
La colombe pour la paix.
La faucheuse pour la mort.
II

Figures fondées sur l’insistance ou l’amplification

a

L’anaphore

Répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de plusieurs propositions, phrases ou vers qui se suivent.

«Là est tout le bien que mon esprit désire, Là est le repos où tout le monde aspire Là est l’amour, là le plaisir encore. » (Du Bellay)
b

Le parallélisme

Répétition d’une même structure syntaxique ou d’une même construction grammaticale.

« Votre mère si tendre et votre aïeul si doux. » (Victor Hugo)
c

Le polyptote

Utilisation de plusieurs variantes flexionnelles du même mot.

Oui, je la haïssais (...) je l'ai haï (...) Roi des rois, la seule excuse de ce surnom est qu'il justifie la haine de la haine" (J. Giraudoux, Electre, II, 8)
d

L’hyperbole

Exagération volontaire : l’expression dit plus que la réalité afin de produire un effet fort.

Je meurs de faim.
Mes parents vont me tuer.
Être mort de honte.
Le nez dans le monologue de Cyrano : « C’est un roc, un pic »
e

L’énumération / accumulation

Succession de mots de même nature grammaticale ou de sens proche. Une longue énumération peut créer un effet d’amplification.

«Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie... » (Lettre de Madame de Sévigné)
f

La gradation

Succession de termes d’intensité croissante ou décroissante.

« C'en est fait ; je n'en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré. » (L'Avare de Molière)

Mme de Cambremer serait ravie (…), heureuse (…), contente.» (Marcel Proust)
g

La répétition

La répétition consiste à reprendre plusieurs fois le même mot, la même expression ou la même tournure afin d’insister sur une idée ou de créer un effet de rythme.

“Tu chantes, tu chantes, et ta voix résonne dans l’écho de la nuit.”
III

Figures fondées sur l’atténuation

a

La litote

Formule qui exprime une idée de manière atténuée afin de faire comprendre davantage que ce qui est dit.

« Va, je ne te hais point. » (Corneille)
b

L’euphémisme

Formule qui atténue une réalité jugée désagréable, brutale ou choquante.

Les pays en voie de développement. (les pays pauvres).
Il est parti (il est mort)
c

La prétérition

Figure par laquelle on affirme ne pas vouloir parler de quelque chose tout en en parlant malgré tout.

Si vous comptez sur moi pour vous révéler qu’il s’agit de trafic d’avions, vous vous trompez lourdement. (Hergé)
IV

Tableau récapitulatif

Catégorie Figures principales Effet recherché
Analogie Comparaison, métaphore, personnification, prosopopée, allégorie Créer une image ou rapprocher deux réalités
Insistance / amplification Anaphore, parallélisme, polyptote, hyperbole, accumulation, gradation, répétition Renforcer une idée ou produire un effet d’intensité
Atténuation Litote, euphémisme, prétérition Dire moins, adoucir ou suggérer
i À retenir

Pour reconnaître une figure de style, il faut observer le vocabulaire, la structure de la phrase et l’effet produit.

Une même phrase peut parfois contenir plusieurs figures de style.

Quiz rapide

Score : 0/8
1. Quelle figure utilise un outil comme « comme » ou « tel » ?
2. Quelle figure rapproche deux réalités sans outil de comparaison ?
3. « Je meurs de faim » est un exemple de :
4. Répéter un même mot au début de plusieurs phrases est :
5. « Va, je ne te hais point » est un exemple de :
6. Faire parler une chose ou un mort est :
7. Une succession de termes de plus en plus forts est :
8. Dire « Il est parti » pour dire « Il est mort » est :

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